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Les chiffres de ventes numériques de février 2022 étant consolidés et les chiffres de ventes en librairie de mars étant connus, c’est l’occasion de faire un petit bilan.

Bon, en librairie c’est pas la joie. Quand on entend en réunion commerciale des expressions comme « vraiment un mois tout pourri », « encore une semaine à oublier », on sent bien que l’atmosphère n’est ni au champagne ni aux cotillons. Donc mars a été « tout pourri », voilà c’est dit. Et franchement on ne voit pas trop comment avril, écrasé entre une campagne présidentielle très étrange (passablement plombante, en ce qui me concerne) et une invasion en Ukraine qui commence à sentir l’enlisement, pourrait inverser la tendance. A cela va s’ajouter les effets concrets 2.0 des exploits de notre cher Vladimir, je pense notamment à l’augmentation du prix du pain, des pâtes alimentaires, etc (après celle du gaz et des carburants).

On a presque envie de passer direct à mai, ses températures plus clémentes, la fin de la campagne présidentielle, mais s’annonceront déjà les législatives de juin. Septembre direct, après un arrêt technique juillet-août ?

Du côté d’Albin Michel Imaginaire, on a limité la casse, plus de réassorts que de retours, une petite mise en place sur Le Jardin quantique de Derek Künsken, une mise en place nettement plus forte sur L’Architecte de la vengeance de Tochi Onyebuchi (mais facturée en avril, comme le veut de décalage habituel, date de sortie / date de facturation). Côté réassorts, je ne les conçois que retours déduits, c’est-à-dire ventes nettes. Le Jardin quantique arrive en tête (effet nouveauté), mais avec un volume très faible, L’Architecte de la vengeance arrive second avec seulement deux jours de vente (effet nouveauté, bis, mais là le volume rapporté à la période de vente est nettement plus réjouissant) et enfin en troisième position Les Temps ultramodernes de Laurent Genefort, qui continue son petit bonhomme de chemin et devance étonnamment Les Maîtres enlumineurs de Robert Jackson Bennett. (L’invisibilisation des femmes continue, Lauren Beukes passe inaperçue.)

Côté numérique, février 2022 a été modeste (on va préférer cet adjectif à « mauvais » ou « épouvantable », adjectifs qui ne sont pas Feng Shui, si on en croit la classification périodique des épithètes relatifs au commerce). Il faut remonter à un an en arrière pour trouver un CA aussi « modeste ».

Robert Jackson Bennett règne en maître, occupant la première place du podium avec Le Retour du Hiérophante, et la seconde avec Les Maîtres enlumineurs. Les Temps ultramodernes de Laurent Genefort et Émissaires des morts d’Adam-Troy Castro sont 3e ex-æquo. Au niveau des gratuits, « Avec du sang sur les mains » la première enquête d’Andrea Cort devance L’Abrégé de cavorologie. Surprenant. Ce qui m’a fait pencher sur les ventes nettes de La Troisième griffe de Dieu (Andrea Cort, tome 2) et… j’aurais pas dû, j’ai failli tomber.

Mon problème du mois de mars (non résolu) a vraiment été le cas Derek Künsken. J’ai regardé à la loupe le compte d’exploitation du Magicien quantique et je suis en positif, de très peu (d’un poil de derrière, comme on dit quand on est poli), avant le résultat de l’exploitation poche (espérons que ça va « prendre »). Donc, la logique voudrait qu’on s’accroche, mais comment ? Le souci c’est l’attrition, sur Albin Michel Imaginaire elle est environ de 50%, du tome 1 vers le tome 2. C’est-à-dire que quand je vends 3000 exemplaires d’un tome 1, j’en vends 1500 d’un tome 2. Même une série « à succès » comme Les Maîtres enlumineurs n’y échappe pas. L’alternative est donc de publier The Quantum War et risquer de caler au troisième titre sur quatre ou publier House of Styx pour essayer de gagner de nouveaux lecteurs künskenniens (tiens, je viens d’inventer un adjectif). C’est à dire prendre le risque de laisser le cycle du Magicien quantique au milieu du gué. Pas facile de trancher. Les deux premiers volumes du Magicien quantique forment une séquence close, à un détail près. Paradoxalement, ça me semble plus correct vis-à-vis des lecteurs d’en rester là, que de de publier le troisième pour caler à 75% de l’effort. J’en discuterai assez vite avec ma patronne Anne Michel pour avoir son avis.

Je lis ici et là qu’un éditeur devrait toujours finir les séries qu’il commence. Je suis évidemment d’accord sur le principe, mais il faut que ça soit possible et, parfois, ça ne l’est pas, tout simplement parce que les pertes que ça implique vous feraient fermer boutique, ni plus ni moins. Un bouquin qui se plante, ça peut annihiler les bénéfices de deux bouquins qui marchent bien. C’est une réalité économique bien connue, les échecs coûtent cher.

Prochaine parution :

Le Courage de l’Arbre de Léafar Izen, le 20 avril. Un space opera comme vous n’en avez jamais lu, au croisement impossible (du moins dans notre galaxie) de Greg Egan (pour le futur lointain) et Jean-Pierre Jeunet (pour la tonalité un brin goguenarde). J’avais pensé à Jack Vance en lisant La Marche du Levant, j’ai de nouveau pensé à Jack Vance en lisant Le Courage de l’Arbre.

Gilles Dumay, directeur d’Albin Michel Imaginaire

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